Sky Volnova
Critic
Dead like me
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-16:08

Dead like me

La nature du passeur d’âmes

Il y a une routine dans le passage.

Une dernière gorgée de café qui refroidit sur le comptoir. Un regard vers une fenêtre qu’on ne reverra plus. Et quelque part, dans cette seconde qui ne dure qu’une seconde, quelqu’un s’approche — pas pour prendre la vie, elle est déjà en train de partir — mais pour en retirer l’âme avant que le corps ne sente le choc. Un geste de miséricorde plutôt qu’un jugement.

C’est tout le paradoxe de Dead Like Me. Son faucheur n’est pas la Faucheuse : elle ne décide de rien, elle reçoit un nom, un lieu, une heure, griffonnés sur un Post-it par un contremaître qui répond lui-même à quelque chose de plus grand. Le Destin a déjà tranché avant qu’elle n’arrive; elle n’est qu’une passeuse — et malheur à qui essaie de le contredire.

George Lass avait dix-huit ans, un premier jour de travail de bureau qu’elle détestait déjà, et une lunette de toilette tombée de la station Mir pour tout régler. Depuis, elle erre entre deux mondes — trop morte pour appartenir aux vivants, trop attachée aux petits plaisirs, un café, un cheeseburger, la chaleur du soleil sur la peau, pour appartenir tout à fait aux morts.

Les mythologies ont toujours eu besoin de cette figure : Hermès, Charon, Anubis — le psychopompe, celui qui guide les âmes sans jamais les juger. Dead Like Me réinvente ce mythe ancien avec une adolescente cynique en guise de guide, et une ironie tranquille en guise de style narratif.

Aujourd’hui, on parle de cette routine étrange vers l’inconnu — de ce qui reste humain chez quelqu’un qui ne l’est plus tout à fait.

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